Courrier du Ministre

Courrier du Ministre de des Transports, de l'Equipement, du Tourisme et de la Mer

à Monsieur Hugues RIBAULT, Maire d'Andrésy

annonçant sa décision sur le prolongement de la Francilienne…

Le Ministre des Transports, de l'Equipement,
du Tourisme et de la Mer
(voir le site du ministère)

Monsieur Hugues RIBAULT
Maire d'Andrésy

Paris, le 24 octobre 2006

Monsieur le Maire,

L'Etat a soumis le projet de prolongement de la Francilienne entre Méry-sur-Oise et Orgeval au débat public. Celui-ci s'est tenu du 8 mars au 8 juillet dernier. La commission nationale du débat public en a dressé le bilan le 27 juillet. Conformément au code de l'environnement, il m'appartient de prendre une décision suite à ce débat avant le 27 octobre. Vous êtes intervenus lors du débat public et avez proposé un autre tracé, dit « blanc », pour assurer le prolongement de la Francilienne. Je tenais à porter les éléments qui suivent à votre connaissance.

Je tire, des études réalisées et des échanges du débat, les enseignements suivants :

  • les conditions actuelles de circulation dans cette partie de l'Ile-de-France sont mauvaises et la situation d'engorgement de l'actuelle RN.184, tout particulièrement dans les parties les plus agglomérées, est jugée insupportable ;
  • l'amélioration des transports en commun est nécessaire mais elle ne sera pas de nature à régler les difficultés d'autant que le projet intéresse des sites économiques qui nécessitent une desserte routière de qualité ;
  • la préservation de la forêt de Saint-Germain est un enjeu de portée régionale. Ce poumon vert est nécessaire à l'équilibre de l'Ouest parisien et, même si des solutions techniques permettent de limiter les impacts d'un projet routier, les conséquences sur la forêt de la réalisation d'une nouvelle autoroute seraient trop importantes ;
  • le tracé « violet » soumis lors du débat public ne répond pas de manière satisfaisante aux objectifs qui sont fixés au prolongement de la francilienne et ne peut donc pas être retenu ;
  • le tracé « noir » a largement été rejeté lors du débat public et ne peut pas répondre aux enjeux d'amélioration du cadre de vie et de liaison de bonne qualité entre Cergy et les autoroutes A.13 et A.14.

Au vu des conclusions du débat public, des études réalisées et de l'analyse qui a pu être faite de nouveaux tracés, j'ai décidé de retenir le principe du prolongement de la Francilienne entre Mériel et Orgeval en prévoyant la mise à niveau de la section comprise entre Méry et Mériel, conformément à la forte attente qui s'est exprimée pendant le débat public.

Il m'apparaît que les tracés passant par la forêt de Saint-Germain, dont celui que vous avez proposé, ne peuvent être retenu pour les raisons évoquées plus haut. Aussi, afin de préparer l'enquête publique, les études seront poursuivies en retenant comme référence le tracé dit « vert ». Toutes les améliorations raisonnablement envisageables seront recherchées afin de mieux intégrer ce projet urbain dans les secteurs traversés. Le projet comportera notamment un franchissement sous-fluvial de la Seine entre votre commune et Achères permettant ainsi d'améliorer les protections du quartier des Garennes.

Compte tenu de l'intérêt majeur de ce projet pour le Nord-Ouest francilien et de la nécessité qu'il capte la part la plus importante du trafic empruntant les routes actuelles, le prolongement de la Francilienne ne sera pas réalisé à péage.

La RN.184 fera également l'objet d'une requalification pour améliorer le cadre et les conditions de vie des riverains et la sécurité de ses usagers. Elle devra permettre l'accueil dans de meilleures conditions des transports en commun et des modes doux.

Enfin, pour répondre aux interrogations formulées lors du débat, l'amélioration des conditions de circulation sur l'autoroute A.13 fera l'objet d'une étude particulière.

Un comité de suivi du projet sera mis en place sous la présidence du préfet de région regroupant des représentants des collectivités territoriales concernées. Vous y serez naturellement associé.

Je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Dominique PERBEN